L' É C U M E  D E  L' A I R
 
 
On a vu "L'écume de l'air", un éloge à la simplicité

« Belle entame du Printemps des comédiens au théâtre d'O, salle qui accueille la quasi-totalité de la programmation régionale du festival. Sur scène, Martin Schweitzke, jongleur, et Michel Bismut, contrebassiste, pour la nouvelle création L'écume de l'air, de la compagnie Les Apostrophés, construit comme un concert - enchaînement de morceaux - pour jongleur et contrebassiste.

Quand le noir s'installe, la blancheur écarlate et vaporeuse d'une immense moustiquaire rayonne. Les battements de l'âme de la contrebasse installent une ambiance sonore qui vous happe. Comme un papillon s'extirpant de sa chrysalide, Martin Schweitzke avance dans un rayon de lumière douce. Il invite, peu de temps après, le musicien à le rejoindre sur une scène joliment dépouillée. Les deux artistes ne chercheront jamais à se tester, toujours à s'accompagner. Ils s'écoutent d'abord, s'entendent ensuite, s'accordent enfin. L'heure et quelque, à peine, de dialogue complice qu'ils proposent s'avale d'un seul trait.

Le pari de l'éloge de la simplicité, du « retour à l'enfance de l'art » annoncé avant la création de L'écume de l'air, est en partie gagner. Juste doit-on glisser sur quelques chiquenaudes de prouesses techniques pour se délecter de l'ensemble. Martin Schweitzke maîtrise les balles pamplemousses d'une telle manière qu'elles semblent aussi bien obus que bulles de savon. Ajouter sa grâce gestuelle et l'hypnose agit immédiatement. D'autant plus forte sur le final dans un numéro de dompteur de ballon de baudruche sauvage entre grand maître zen et charmeur de serpent. Un instant précieux. Michel Bismut fait résonner sa contrebasse pour habiller les atmosphères de lourds grondements d'orage comme de chuchotements de zéphyr. Un grain de rêve supplémentaire pour lutter contre la gravité. »

- Christophe Gayraud Midi Libre, le 8 juin 2008

L'ECUME D'AIR
english